Je jette un coup d'oeil à la pendule. J'arrive à distinguer les aiguilles dans la pénombre habituelle de ma chambre : 19h45. Je me recrocville un peu plus sur moi-même : on ne mangera pas ce soir ... Comme tous les soirs depuis trop longtemps. Un frisson horrible traverse tout mon corps ... Les larmes me montent aux yeux, mais je n'arrive plus à pleurer. Je me lève pour encore monter le son de la musique. Personne ne proteste ... Mauvais signe ... Je n'entends plus le tic-tac lent de la pendule, plus rien ne me relis à la raison. Je ferme les yeux ... Pourquoi ?
Un cri me réveille ... ça y est, j'en étais sûre. Je me précipite pour monter le son, toujours plus fort. Je me met à pleurer, me laisse tomber par terre. Je n'ai plus la force de lutter. Et je continue à pleurer ...,
Les larmes coulent, je suis trempée ... Non, il faut arrêter, il faut que je me batte ! Je me lève, cours vers les étagères, attrappe une boîte. Je l'ouvre et attrappe mon cutter. Je le contemple ... c'est la lame la plus pointue que j'ai jamais vue. Encore un cri ... Je sais qu'elle essaie de faire le moins de bruit possible, c'est une bonne mère, elle veut pas que j'entende, mais mon père ... J'éttouffe un sanglot ... Et un cri de douleur. Le sang coule le long de mon bras. Et je continue. Et me pose toujours la même question : Pourquoi ?
J'ai arrêtée de pleurer, enfin ...
La seule chose qui me persuade que mon coeur bat, c'est la douleur immense qui le parcours et le rouge unique du sang sacrifié.
Immobile, mes yeux sont perdu dans le vide.
Après un bon moment, je sors de la boîte de quoi me désinfecter. Je n'entends plus rien. Je prend une serpillaire, et j'essuie toute trace de liquide. Je la remet a sa place, et range la boîte. J'allais me battre.






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